CAMPAGNES DE FOUILLES 2012 & 2013

Campagnes 2012 et 2013

Depuis maintenant plusieurs saisons, les recherches archéologiques menées par l’asbl ARC-HAB à la villa gallo-romaine de Mageroy (Habay-la-Vieille, province de Luxembourg), se consacrent à la fouille et à l’étude de la cour agricole du domaine, notamment aux abords des murs de clôture. Les campagnes de fouilles se succèdent et devraient apporter leur lot de connaissances pendant quelques années encore. Si quatre bâtiments annexes ont été repérés, un seul a été complètement fouillé (S-O) tandis que le bassin ne l’a été qu’en partie.

 

Dernièrement, le grand espace à l’extrémité sud de la cour, clôturé par deux murs, a été la cible principale de nos recherches ; celles-ci se profilent dorénavant sous un autre angle comme nous allons le voir. De plus, l’ouverture d’un autre bâtiment annexe a pu se faire lors de l'été 2013, au sud-est, sur un espace réduit (19 m x 7 m).

Durant les saisons 2012 et 2013, la fouille du grand espace (144 m sur 10 m) et le dégagement des 2 murs qui l’enserrent se sont poursuivis vers l’est (fig. 1). Si nous pensions dans un premier temps à un espace fermé avec une fonction précise (verger ? enclos à bétail ?), l’hypothèse semble maintenant compromise. Des niveaux comportant du matériel avaient été mis au jour lors des recherches en 2011 et 2012 au sud-ouest. Mais ces zones plus intensément occupées ne se retrouvent plus à l’est où le matériel est totalement absent. On ne distingue non plus aucun réel niveau de circulation (piétinement ou autre) qui caractériserait la fonction particulière d’un espace fermé.

 

Et si on savait déjà que le mur nord précédait le mur sud[1], nous ne connaissions pas encore à quel moment chacun des deux murs avait pu être construit. Les dernières informations récoltées nous font désormais plus pencher pour l’hypothèse envisageant l’existence de deux murs successifs, n’ayant pas fonctionné ensemble. En effet, une importante couche remblayée issue de la destruction du mur nord en recouvre ses derniers vestiges (fondations) et des niveaux liés à l' « utilisation » du mur sud repassent ensuite sur cette couche de destruction. De ce fait, le mur nord aurait été détruit avant, voire peu de temps après la construction du mur sud. Cela confirme les disparités déjà constatées dans la construction des deux murs (niveau inférieur pour le mur nord et largeurs différentes notamment). Aucun élément ne permettant d’expliquer un tel espace clos, son existence semble en fin de compte peu probable. Les niveaux de schistes assimilés à des niveaux de sol lors de la découverte ne seraient en fin de compte que des déchets liés à la construction des murs. 

Enfin un élément déterminant incite à penser que ces deux murs ne sont pas contemporains : un drain (fig. 2) construit pour drainer le mur sud (construit probablement durant la même phase) descend vers le nord et passe sur la fondation du mur nord (après sa destruction). Lors de la construction du mur sud, le mur nord était donc détruit[2]. On signalera qu’un petit fossé creusé en aval du mur nord a été en partie comblé par les remblais de ce mur nord. Aucun matériel ne permettant de dater ces aménagements, nous nous limitons à les situer durant le IIe siècle, période d’intense développement de la cour agricole.

 

De nouvelles recherches seront menées lors de la prochaine campagne, toujours vers l’est et à la jonction avec le mur de clôture est de la cour.

 

Le bâtiment annexe I : état des connaissances

 

La nouveauté durant cette campagne de fouille a été la fouille d’un ancien secteur : le bâtiment annexe I, situé au sud-est de la cour agricole. Ce bâtiment avait été fouillé en partie lors de certaines campagnes des années 1990.

Les recherches d’alors s’étaient principalement concentrées sur la partie occidentale de l’édifice. Le mur ouest avait ainsi été dégagé sur presque toute sa longueur et un mur de refend (ou de cloison s’il ne soutenait pas de charges) longitudinal, distant de 3,30 m du premier avait été découvert. Quelques petits sondages (nord, sud et est) avaient permis de fixer l’étendue du bâtiment ; plus de 25 m sur un peu plus de 17 m, une longue pièce formant un premier espace à l’avant, un grand espace unique à l’arrière et deux portes charretières (2,80 m de large) transversales (A et B) perçant les deux murs ouest (fig. 3).

 

L’étendue des fouilles s’était limitée le plus souvent à un mètre au-delà des murs. Des coupes parallèles et transversales avaient permis de connaître les niveaux présents dans ces deux pièces. On avait pu constater la présence d’un important remblai pour niveler le terrain, assez pentu en cet endroit. Vu l’important matériel céramique[3] mis au jour dans la pièce longitudinale avant, l’espace aurait pu avoir été habité. La présence d’un petit foyer ne dément pas cette hypothèse.

Dans la grande pièce à l’est, des gros blocs de grès verts (parfois couronnés de pierres de schistes plates) avaient été découverts placés régulièrement le long du mur de refend (ou cloison). De même, de gros grès verts ont été repérés le long du mur gouttereau est. Vu le volume de la pièce et ces pierres devant permettre de soutenir les poutres d’un plancher, cet espace fut considéré comme ayant servi de grange. La pauvreté du matériel retrouvé dans cet espace semblait le confirmer.

 

Le bâtiment annexe I : nouvelles recherches

 

Lors de la saison 2013, les fouilles menées de manière extensive se sont portées sur une première portion de 19 m sur 7, découvrant le sud du bâtiment (fig. 4).

 

Un important niveau de destruction recouvrait la pièce longitudinale à l’ouest (fig. 5). Le mur de refend (ou de cloison) du bâtiment s’est manifestement effondré d’un seul tenant vers l’ouest, dans la petite pièce, enfermant de la sorte le niveau de vie présent en-dessous[4]. Cela se remarque notamment par la présence de céramiques en « paquet », brisées mais entière, écrasées par l’effondrement. Un important matériel céramique (vaisselle de table notamment) mais aussi métallique (clous de toutes sortes, plombs) est à noter[5]. La découverte de nombreux fragments de deux figurines votives, retrouvés à l’angle sud-est de cette pièce est aussi exceptionnelle[6].

 

Un foyer ayant peu servi, constitué d’une tuile retournée, a été mis au jour au-dessus de la couche d’occupation. Deux petites fosses, comportant quelques scories non loin du foyer, sont aussi à noter. Le sol de cette pièce était composé d’un remblai d’argile plastique. Des traces de charbon de bois, parfois importantes, étaient visibles en surface.

La grande pièce a, comme prévu, révélé une quantité importante de blocs de grès vert disposés sur le sol pour soutenir un plancher. Quelques schistes plats ont également été découverts ; ceux-ci devaient couronner les grès verts comme cela a déjà été constaté anciennement. La couche d’occupation n’a pas montré beaucoup de matériel. On notera la présence de deux monnaies du IIe s., de deux coupes en sigillée et de quelques clous et scories. Chose plus curieuse, deux foyers ont été mis au jour. Composés de déchets de tuiles, ils reposaient directement sur le niveau de sol fait de remblais sablo-limoneux. Ceux-ci n’ont révélé aucune trace de rubéfaction et très peu de traces de charbon de bois. Ils pourraient être tardifs. Enfin, un petit socle de pierres de schistes a été découvert le long du mur sud sans que sa fonction n’ait été déterminée. Le dressage de la coupe stratigraphique est-ouest a enfin permis de mettre en évidence les traces de ce qui s’apparente à des renforts (en bois) placés longitudinalement dans le remblai. De taille et d’intervalle différents, ils ne semblent pas appartenir au plancher. Cette coupe a mis aussi en évidence l’importance du colluvionnement au-dessus des niveaux romains, surtout côté est[7].

La fouille en grande aire d’une partie de l’annexe a permis d’avoir une vue plus complète de ce bâtiment d’exploitation (fig. 6). Une identification des possibles fonctions et des différents moments d’occupation, le tout relié à la vie de la villa de Mageroy est essentielle. En effet, l’étude des bâtiments d’exploitation agricole à l’époque gallo-romaine, si elle progresse, pose encore des questions.

 

Notes

[1] Le mur ouest -s’accrochant au mur sud- repasse en effet sur le mur nord.

[2] À voir les niveaux existants, il n’est pas possible que ce drain ait déjà existé alors que le mur nord était encore en fonction car ce drain devait être enterré et non pas à l’air libre. De plus, ce drain a été recouvert par les remblais de destruction du mur sans subir aucune dégradation.

[3] Matériel non réellement étudié alors. On note la présence de nombreuses amphores de stockages.

[4] Ce mur n’a pas montré de liaison avec le mur sud, ce qui peut expliquer son effondrement en un seul tenant.

[5] L’étude du matériel étant à ses débuts, il ne nous est pas possible pour l’instant de caractériser précisément celui-ci.

[6] L’examen des réserves a permis de rattacher ces fragments à d’autres déjà mis au jour en 1994 mais alors non identifiés. Une étude approfondie et une reconstitution  de ces statuettes est en cours.

[7] Cela a rétabli quelque peu le dénivelé naturel qui avait été supprimé en partie par l’adjonction de remblais.

Figure 1 : Plan général de la villa avec les différentes annexes. En jaune, les parcelles investiguées en 2012-2013. Infographie ©CRAN.

Figure 2 : Photographie du drain repassant au-dessus de la fondation du mur nord. Vue vers le sud.

Figure 3 : Plan simplifié du bâtiment I, tel qu'il était connu avant la campagne 2013 (fouilles des années 90). Dessin H. Gratia, infographie J.-F. Baltus ©Arc-Hab.

Figure 4 : Bâtiment annexe I. Parcelle fouillée en 2013, extrémité sud. Vue vers l'ouest. Photographie J.-F. Baltus ©Arc-Hab.

Figure 5 : Effondrement du mur de cloison/refend dans la pièce à l'avant. Vue vers le sud. Photographie J.-F. Baltus ©Arc-Hab.

Figure 6 : Plan détaillé du bâtiment annexe I tel qu'il est connu aujourd'hui après la campagne 2013. Dessin H. Gratia et J.-F. Baltus, infographie J.-F. Baltus ©Arc-Hab.

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